L’automne. Petit à petit, la nature autour s’endort. Les feuilles tombent des arbres, le ciel prend de plus en plus souvent des teintes grisées. Les petits matins brumeux sont à notre porte. Le froid nous enjoint à rester calfeutrés à l’intérieur. Pourtant, les « petites machines » que nous sommes ne semblent pas entendre l’appel au repos et s’évertuent à courir et gesticuler dans tous les sens. La cadence effrénée des jours de « rentrée », la course quotidienne jamais ne s’arrêtent. Le corps se rompt, la fatigue s’installe, nos émotions et nos ressentis vacillent. Bientôt, la morosité prend le dessus et l’automne si coloré, nous parait terne et gris. Nous voilà plongeant les yeux fermés dans le long tunnel qui nous sépare du prochain été…. .

La roue de médecine, pourtant, nous propose un tout autre chemin. Un chemin de pierre parsemé de fleurs séchées, aux odeurs de terre et aux couleurs ambrées. Souvent, la vie elle-même nous rappelle à son souvenir, par l’intermédiaire d’un simple rhume ou d’une bonne grippe. Accepter, choisir de s’arrêter et porter le regard en soi-même, « rentrer », telle est la direction de l’Ouest.




C’est l’automne. Sur mes joues, dans mes cheveux, le vent est une caresse. Mes pieds s’enfoncent dans les myriades de feuilles colorées qui jonchent le sol humide et froid. Certains jours, les rayons de Grand-père Soleil réchauffent mon corps fatigué, d’autres, l’épaisse couche de nuage m’englue tout entière dans un brouillard épais.
Le tourbillon du monde bourdonne à mes oreilles, le trop à faire m’éreinte, m’épuise… Trop de bruit, trop de tout et la fièvre de la ruche s’abat sans crier gare. Ma tête tourne et avec un certain délice, je l’avoue, je me laisse tomber, comme Alice, tout au fond du puits.

Je descends, confiante, rassurée, car je connais l’animal, du fond du terrier. A même le sol nu de ma Mère, je me recroqueville, comme un tout petit enfant et j’embrasse la vague qui me submerge.
Ce n’est pas le chagrin, ni la peur de ce noir intense qui m’environne. C’est la respiration des pierres, calme, régulière, comme le battement du tambour millénaire qui résonne tout au fond de moi-même. Enfin, me voilà redescendue tout en bas, loin du bruit de mes sœurs et frères humains, dans la fraicheur de la terre. Juste dans mon silence.

Là, à l’abri, dans mon ventre, un fatras d’idées fourmillent dans un désordre complet. Les goûts se mélangent : sucre acidulé et poivre pimenté, cannelle et cardamone, saveurs épicées, de l’amer et du sure, du frais, du fermenté. Tout est là qui macère dans la grande marmite à soucis, toute une nuit, à feu doux, avec, posé dessus, le couvercle lourd de mon corps arrêté. Dans mon sommeil, je brasse, je pétri, je malaxe, j’avale, je digère ou je vomi. Je range, je trie, je nettoie, je vide.. .Longue et douloureuse nuit.

Il est cinq heure. Le jour n’est pas levé derrière le grand noyer. Tout dort encore pour une heure ou deux. C’est là que Je suis. C’est là, dans la direction de l’Ouest, au contact de mes ancêtres, mes racines, qu’elle vient à moi comme la main amie qui ouvre le loquet quand je frappe à la porte du pays de mes merveilles.
Sur la page blanche, elle coule et je sais que c’est l’ours qui opère, qui dilue en moi sa puissante médecine. Celle de l’écoute de soi. La seule qui permet de grandir en conscience au creux de l’arbre de vie des humains qui fleurissent. La seule capable de me rappeler qui je suis et pourquoi je suis. La seule qui me ramène au monde avec le sourire, les bras chargés de fleurs.

Je suis un temps l’ours qui guérit au fond de sa caverne. Je me dois de le suivre et de l’être à la fois, pour moi-même et pour les autres. Et peu importe le temps qui passe, je prends ce dont j’ai besoin, je puise à la sagesse du fond des âges. Puis, quand j’ai assez bu, que la fièvre retombe, je décide de remonter et d’ouvrir les yeux sur une mer calme.
A nouveau en surface, je navigue dans la joie du soleil qui se lève sur un nouveau matin, debout à la proue du bateau, regard pointé vers l’horizon et la réalisation de mes projets, capitaine de mon propre rêve… Je suis.

Que l’automne vous soit doux et qu’à l’Ouest le chemin vous apaise…
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